Video / Vidéo NIGER : PUTSCH MANQUÉ… COMPLOT ÉTRANGER OU GROSSE MANIPULATION ? DÉBAT SANS CONCESSION !
Qui est réellement derrière la tentative de coup d’État qui a secoué le Niger ? Complot international contre le régime de Niamey ou mutinerie interne transformée en affaire géopolitique ?
Dans la nuit du 28 au 29 août, des éléments des forces nigériennes se soulèvent, prennent temporairement le contrôle de la base aérienne 101 et menacent plusieurs sites stratégiques de la capitale. Quelques jours plus tard, l’affaire prend une tout autre dimension avec la diffusion, sur la télévision d’État, du témoignage du capitaine Roger Gabriel.
L’officier raconte avoir reçu plusieurs appels pendant les événements. Selon son récit, certains de ses interlocuteurs lui auraient parlé d’une implication du Tchad, de la France, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, mais aussi de proches de l’ancien président Mohamed Bazoum. Des accusations extrêmement lourdes circulent ainsi à partir de son témoignage, alors qu’aucune preuve matérielle publique ne vient, à ce stade de la retranscription, les corroborer.
Pour Wilfried Ekanga, le récit du capitaine ne peut pourtant pas être balayé d’un revers de main. Il insiste notamment sur le fait que Roger Gabriel cite des interlocuteurs précis et considère que plusieurs éléments rendent crédible l’hypothèse d’un coup d’État soutenu depuis l’extérieur.
Face à lui, Sadio Morel-Kanté, journaliste, chercheuse et chercheuse associée à l’IPSE, défend une lecture radicalement différente. Pour elle, sans éléments matériels permettant d’étayer ces accusations, le témoignage ne suffit pas. Elle soupçonne plutôt une stratégie visant à internationaliser une mutinerie née au sein même de l’appareil militaire, afin d’éviter que le pouvoir d’Abdourahamane Tiani ait à répondre des fractures internes révélées par cette crise.
Le débat devient alors particulièrement tendu : à qui profiterait la chute de Tiani ? Le silence ou les réactions prudentes des pays mis en cause renforcent-ils les soupçons ou ne prouvent-ils absolument rien ? L’important arsenal retrouvé après les événements constitue-t-il un indice d’une opération plus vaste ou ne permet-il toujours pas d’identifier d’éventuels commanditaires ?
Et surtout, une question traverse toute cette confrontation : où sont les preuves ? Peut-on conclure à un complot international à partir du témoignage d’un officier et des noms qu’il rapporte ? Ou l’hypothèse d’une déstabilisation extérieure permet-elle surtout de faire oublier qu’une partie des forces armées nigériennes s’est retournée contre le pouvoir issu lui-même d’un coup d’État ?
Dans Décrypter l’Afrique, deux lectures frontalement opposées s’affrontent avec Wilfried Ekanga, militant politique, et Sadio Morel-Kanté, journaliste, chercheuse et chercheuse associée à l’IPSE : complot international contre le Niger ou récit politique destiné à masquer une crise interne ?